Chez le psychothérapeute, respecter des limites

Une bonne psychothérapie doit être perçue comme un moment privilégié où les patients peuvent parler de tout ce qu’ils souhaitent. Mais il arrive que face à son psychothérapeute, on se demande s’ il est approprié d’aborder certains sujets ou non. Bien qu’un patient doive pouvoir se sentir libre d’échanger sur n’importe laquelle de ses préoccupations, il existe certaines limites. Par exemple, un psychothérapeute évitera de donner trop de détails sur sa propre vie lorsqu’un patient lui posera la question, ou s’abstiendra de faire de l’humour à un moment où cela apparaîtrait comme étant déplacé.

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Psychothérapeute Rennes échangeant avec un patient

Peut-on poser des questions personnelles à un thérapeute ?

Oui, bien que les thérapeutes n’aient pas l’obligation d’y répondre. Certains thérapeutes, notamment ceux qui utilisant une approche psychodynamique, essayent au maximum de projeter une “ardoise blanche” et peuvent refuser de répondre à des questions d’ordre personnel de peur que cela n’interfère avec les progrès du patient. Les psychothérapeutes cognitivo-comportementaux, en revanche, peuvent être plus disposés à répondre à des questions personnelles, dans certaines limites, s’ils estiment que cela contribuera à renforcer l’alliance thérapeutique. Mais en savoir trop sur la vie d’un thérapeute peut aussi bloquer les progrès et les bons thérapeutes fixeront des limites fermes et donc refuseront parfois de répondre à des questions qu’ils jugent trop personnelles ou non pertinentes. Évidemment, si le fait de ne pas en savoir assez sur son thérapeute pose problème à un patient, il doit lui en parler afin d’explorer avec lui les sentiments qui se présentent et les solutions qui pourraient être mises en place.

Et si je suis attiré par mon psychothérapeute ?

La relation thérapeutique exige de la confiance, de l’intimité et du temps passé ensemble ; par conséquent, certains clients peuvent développer des sentiments ou de l’attirance sexuelle pour leur thérapeute. Lorsque ces sentiments sont légers, ils ne gêneront probablement pas les progrès et peuvent même provoquer une meilleure alliance thérapeutique. En revanche, lorsqu’ils sont intenses ou prolongés, ils peuvent engendrer de l’embarras pour le patient ou détourner son attention de la thérapie. Dans tous les cas, le patient doit être conscient que le thérapeute ne pourra pas répondre à ses avances, car tout comportement romantique ou sexuel constituerait une violation fondamentale de son éthique professionnelle. Cela n’empêche toutefois pas d’en discuter ouvertement avec lui.

Est-il acceptable de parler de religion avec mon thérapeute ?

De nombreux patients et thérapeutes évitent le sujet de la religion, soit parce qu’ils craignent d’offenser accidentellement l’autre, soit parce qu’ils ne trouvent pas cela pertinent dans le processus thérapeutique. Pourtant, des études ont démontré que les convictions religieuses et spirituelles peuvent être importantes dans la vie émotionnelle d’une personne et qu’elle peut jouer un rôle significatif dans sa santé mentale. Si vous souhaitez échanger autour de la religion avec votre thérapeute, n’hésitez pas, car même si votre psychothérapeute ne partage pas votre foi, il doit être ouvert à discuter de son rôle dans votre vie, sans la juger.

Dois-je effectuer des recherches Google sur mon psychothérapeute ?

Beaucoup de patients sont curieux et ont envie d’en savoir plus sur la vie de leur thérapeute. Effectuer des recherches sur internet peut satisfaire en partie cette curiosité, mais elle peut être à double tranchant. D’un côté, elle peut amener un patient à se découvrir des points communs avec le psyhothérapeute, ce qui peut renforcer l’alliance thérapeutique, mais d’un autre côté cela peut l’amener à lire des commentaires désobligeants et pas forcément fondés, publiés par un ancien patient mécontent par exemple, ce qui peut nuire à la relation thérapeutique. Si vous apprenez des choses sur votre thérapeute qui vous bouleversent, n’hésitez pas à lui en parler directement.

Comment détecter un mauvais psychothérapeute ?

Même les meilleurs thérapeutes ne sont pas parfaits, et une thérapie efficace n’est pas toujours facile ou agréable. Malheureusement, certains psychothérapeutes ne sont pas formés convenablement ou sont tout simplement inadaptés au métier. Si un thérapeute parle trop de lui, divulgue trop d’informations personnelles, n’accepte pas les critiques constructives, refuse de discuter de la manière dont le processus se déroulera et du type de progrès que l’on peut raisonnablement en attendre, il n’est probablement pas le meilleur thérapeute qui soit. Parmi les signes indicateurs, on peut citer : le fait de juger ou de critiquer les choix ou le mode de vie du patient, le fait de sembler s’ennuyer ou d’être distrait pendant les séances, le fait de traiter le client comme étant émotionnellement ou intellectuellement inférieur, ou encore le fait de sembler dépassé ou bouleversé par les informations partagées par le patient.

Que se passe-t-il si mon thérapeute parle trop ou pas assez ?

Bien la psychothérapie doit être centrée sur le patient, le thérapeute devra tout de même parler de temps en temps. Le temps de parole du thérapeute varie à la fois en fonction de l’orientation du thérapeute (un thérapeute cognitivo-comportemental parlera probablement plus qu’un psychodynamicien, par exemple) et des préférences du patient. Si le thérapeute fait régulièrement de longs monologues de nature personnelle et sans rapport avec le patient, s’il interrompt le patient ou semble incapable de respecter des temps de silence, cela peut nuire à la psychothérapie. À l’inverse, si un thérapeute ne pose pas de question pertinente ou approfondie, ou qu’il ne donne pas son avis, cela peut également poser problème.

Que faire si un psychothérapeute me met mal à l’aise ?

Les clients interprètent parfois à tort des interactions thérapeutiques normales, en s’imaginant par exemple un flirt. Mais en réalité, les thérapeutes qui franchissent les limites thérapeutiques et agissent de manière contraire à l’éthique sont très rares. Si un thérapeute a des gestes inappropriés, s’il s’intéresse démesurément à sa vie sexuelle ou amoureuse alors que cela n’est pas pertinent avec les objectifs thérapeutiques, ou s’il fait fréquemment des commentaires sur l’apparence physique du patient, c’est souvent le signe qu’il franchit les limites posées par l’éthique de sa profession.

Comment dois-je réagir à un comportement inapproprié ?

Un patient doit toujours s’exprimer s’il a l’impression que son thérapeute franchit certaines limites ; un thérapeute compétent et éthique prendra les préoccupations de son patient très au sérieux et sera disposé à y répondre. Si le thérapeute est dédaigneux, impoli ou menace le client d’une manière ou d’une autre, il est probablement indiqué pour le patient de mettre fin à sa thérapie. Dans des cas extrêmes, le patient peut dénoncer son thérapeute à l’administration concernée.


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